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À quoi ressemble la vie d’une femme sous les talibans ? | The Economist

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ÉconomieThe Economist14 août 2026 à 16:596:48
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INTRO

Les femmes et les filles en Afghanistan subissent de vastes restrictions sur l’habillement, l’éducation, le travail et la liberté personnelle sous le régime des Taliban, tandis que les décrets rigoristes de Hibatullah Akhundzada aggravent une crise à laquelle s’opposent de nombreux Afghans, y compris certains membres des Taliban.

POINTS CLÉS

Vie publique étroitement contrôlée

Dans les villes afghanes, les femmes sont désormais souvent vues vêtues d’habits très conservateurs, le visage fréquemment couvert conformément aux exigences des Taliban. Même sans niqab, beaucoup portent des masques de type médical pour montrer leur conformité. Ces restrictions comptent parmi les signes les plus visibles d’un effort plus large visant à effacer les femmes de la vie publique.

L’éducation coupée à la plupart des filles

Les Taliban ont interdit aux filles de fréquenter les établissements publics du secondaire, une politique jugée très impopulaire en Afghanistan. Les données nationales fiables sont rares, mais selon des estimations de personnes connaissant la situation, peut-être seulement 10% des filles reçoivent encore une forme d’enseignement secondaire formel. L’essentiel de cet accès limité passe par des madrasas privées, que beaucoup de familles ne peuvent pas payer.

Universités et lieux de travail vidés

Les femmes ont aussi été écartées de l’enseignement supérieur et d’une grande partie du marché du travail. Un professeur d’université a déclaré que tout son département avait été vidé de ses femmes, soulignant à quel point les interdictions ont été appliquées. Certaines continuent à travailler discrètement dans des segments du secteur privé, mais ces possibilités deviennent de plus en plus difficiles à maintenir.

Des ambitions brutalement brisées

Les adolescentes qui parviennent encore à étudier parlent souvent couramment anglais et décrivent des ambitions professionnelles désormais hors d’atteinte. Parmi elles, des élèves qui espéraient devenir médecins ou avocates disent que ces projets se sont pratiquement effondrés. Leurs récits traduisent un désespoir plus large, beaucoup affirmant ne plus envisager l’avenir avec optimisme.

Un nouveau décret sur le mariage alarme

De nouvelles lois talibanes ont encore durci la situation. Une mesure récente a de fait légalisé le mariage des enfants, tout en affirmant que le silence d’une fille peut être considéré comme un consentement au mariage. Les défenseurs des droits y voient un élément de plus dans une série de restrictions toujours plus sévères contre les femmes et les filles.

Le pouvoir concentré à Kandahar

La force centrale derrière nombre de ces décisions est Hibatullah Akhundzada, le chef suprême des Taliban, qui agit principalement depuis Kandahar plutôt que Kaboul. Il est décrit comme très reclus, rarement vu en public et presque jamais photographié, tout en gouvernant par décrets auxquels obéissent responsables et institutions. Son autorité semble assez forte pour supplanter les structures administratives de l’État.

Les divisions internes des Taliban sont réelles

L’opposition à l’interdiction de l’éducation des filles ne se limite pas au grand public afghan. Des témoignages issus du mouvement suggèrent qu’un nombre important, peut-être une majorité, de membres des Taliban ne soutiennent pas l’exclusion des filles de l’école. Mais les courants modérés ou pragmatiques n’ont jusqu’ici pas réussi à renverser cette politique ni à limiter l’autorité d’Akhundzada.

Le contrôle tient malgré une frustration croissante

La fracture entre les dirigeants de Kaboul et de Kandahar est devenue une source récurrente de tension, et le mécontentement semble très répandu. Malgré cela, Akhundzada a bâti autour de son programme une base de pouvoir loyale, soutenue par des partisans armés et une autorité cléricale conservatrice. Les critiques internes ont été marginalisés, réduits au silence ou écartés, permettant au système actuel de perdurer pour l’instant.

CONCLUSION

Les dirigeants de l’Afghanistan ont fait des restrictions imposées aux femmes et aux filles un trait central de leur gouvernance, remodelant l’éducation, le travail et la vie familiale. Si le mécontentement paraît large, y compris au sein des Taliban, la direction rigoriste de Kandahar demeure solidement aux commandes.

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