
Tech • IA • Crypto
L’Union européenne envisage de nouvelles taxes sur les cryptomonnaies, dont un prélèvement de 0,1 % sur chaque transaction, dans le cadre d’efforts plus larges pour augmenter ses recettes, mais d’importantes incertitudes et des obstacles politiques subsistent.
L’Union européenne explore des sources de financement supplémentaires pour aider à rembourser sa dette commune liée au COVID-19. Une proposition divulguée datée du 28 mai présente des taxes potentielles visant les grandes entreprises technologiques, les jeux d’argent en ligne et les cryptomonnaies, avec un objectif de recettes annuelles combinées d’environ 11 milliards de dollars.
Une option à l’étude est une taxe de 0,1 % sur chaque transaction crypto, appliquée à l’achat comme à la vente. Ce mécanisme pourrait générer environ 3,4 milliards de dollars par an, ce qui en ferait un contributeur important au plan budgétaire global.
Une seconde option consiste à taxer les plus-values sur les cryptomonnaies, à l’image de dispositifs existants dans certains pays. Cette approche devrait rapporter entre 1 et 2 milliards de dollars par an, selon l’activité du marché et l’application des règles.
Une taxe sur les transactions crypto de ce type n’est actuellement appliquée dans aucun État membre. Si elle était adoptée, elle constituerait une première à l’échelle européenne, susceptible de servir de précédent pour d’autres juridictions.
Les premières indications suggèrent que les stablecoins comme l’USDC et l’USDT, notamment lorsqu’ils sont utilisés comme moyens de paiement, pourraient être exclus de la taxe. Cela reflète leur rôle croissant comme monnaies transactionnelles plutôt que comme actifs spéculatifs.
Les institutions européennes reconnaîtraient que des données fiables sur l’activité crypto ne seront pas entièrement disponibles avant 2027. En conséquence, les recettes projetées reposent sur des données incomplètes, ce qui introduit une forte incertitude dans les prévisions.
Toute mesure fiscale à l’échelle de l’UE doit obtenir l’approbation unanime des 27 États membres, un seuil politique élevé qui a historiquement ralenti ou bloqué des initiatives budgétaires. Cette exigence rend l’adoption loin d’être acquise.
Même en cas d’approbation, les mesures proposées s’appliqueraient au cycle budgétaire 2028–2034, ce qui repousse leur mise en œuvre de plusieurs années et laisse une large place à des modifications ou à un abandon.
Bien qu’encore hypothétiques, ces propositions montrent que les cryptomonnaies sont de plus en plus considérées comme un élément à part entière des politiques de finances publiques plutôt qu’une zone grise réglementaire.