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Les projets européens de monnaie numérique (euro numérique) et l’expansion mondiale des monnaies numériques de banque centrale progressent, suscitant des débats sur le contrôle financier, la vie privée et la souveraineté monétaire.
En France, les paiements en espèces aux professionnels sont plafonnés à 1 000 €, rendant illégales les transactions plus élevées. Au niveau européen, un nouveau plafond de 10 000 € par transaction doit s’appliquer à partir de juillet 2027, avec des exigences d’identification renforcées pour les paiements au-delà de 3 000 €, illustrant un durcissement général de l’usage du cash.
Selon des suivis internationaux largement cités, 137 pays, représentant environ 98 % du PIB mondial, explorent des monnaies numériques de banque centrale. Parmi eux, 49 sont en phase pilote et 11 ont déjà lancé des systèmes. Le yuan numérique chinois a traité des transactions totalisant environ 2,37 billions de dollars fin 2025, signe d’une adoption réelle significative.
La Banque centrale européenne (BCE) prépare une législation pour 2026, avec une phase pilote attendue en 2027 et un déploiement possible entre 2028 et 2029. Le projet inclut des fonctionnalités telles que des plafonds de détention — autour de 3 000 € par individu — visant à protéger les banques commerciales contre les sorties de dépôts.
Les responsables mettent en avant des garanties de confidentialité, mais les critiques soulignent les possibilités techniques inhérentes aux monnaies numériques. Des déclarations publiques de hauts responsables bancaires ont évoqué un fort potentiel de contrôle réglementaire de l’usage. Les inquiétudes portent sur la surveillance des transactions, les conditions de dépense et la capacité théorique de restreindre ou d’orienter l’utilisation de l’argent.
Des programmes pilotes ont démontré ces capacités. À Shenzhen, des distributions de monnaie numérique incluaient des dates d’expiration, entraînant des taux de dépense rapides d’environ 90 % avant échéance. Au Brésil, l’analyse du code pilote DREX a révélé des fonctions permettant aux autorités de geler ou d’ajuster les soldes, illustrant la mise en œuvre possible de fonctions programmables.
Le règlement européen MiCA introduit une surveillance accrue des crypto-actifs, incluant des exigences KYC pour les transferts supérieurs à 1 000 €. Combiné aux limites sur le cash et aux projets d’euro numérique, cela crée un environnement financier plus encadré, tant pour les systèmes traditionnels que numériques.
Tous les pays ne poursuivent pas des MNBC de détail. Les États-Unis ont adopté une position restrictive au niveau fédéral, tandis que la Norvège et la Suède ont pris du recul sur ces projets. La Suisse poursuit des expérimentations de gros mais exclut pour l’instant une MNBC de détail, adoptant une approche prudente.
En réponse, certains investisseurs se diversifient vers des actifs perçus comme moins contrôlables, tels que le Bitcoin en auto-conservation, l’or physique stocké hors des systèmes bancaires, et les stablecoins adossés au dollar. Ces derniers ont gagné en clarté réglementaire aux États-Unis grâce à de nouveaux cadres fédéraux soutenant des dollars numériques entièrement collatéralisés.
Des juridictions comme la Suisse, le Paraguay et le Salvador attirent l’attention pour leur positionnement réglementaire ou monétaire. Le Salvador, par exemple, maintient le Bitcoin comme monnaie légale et propose des programmes de citoyenneté liés à l’investissement crypto, tandis que le Paraguay a enregistré des dizaines de milliers de demandes de résidence dans un contexte favorable.
Bien que l’euro numérique ne soit pas encore finalisé, le développement des infrastructures se poursuit. Les analystes estiment une fenêtre de 12 à 24 mois avant une phase active de déploiement à grande échelle, laissant place à d’éventuels changements politiques ou réglementaires selon les juridictions.
La transition vers les monnaies numériques s’accélère à l’échelle mondiale, mais sa forme finale reste débattue, avec de fortes différences selon les politiques, les technologies et les libertés financières individuelles.