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Un nouveau modèle de conseil appuyé par l’IA cible les entreprises familiales des Émirats arabes unis en prélevant une part des gains de profit mesurables, au lieu de facturer des abonnements logiciels ou des honoraires de conseil.
L’idée centrale est que les entreprises veulent de plus en plus acheter des résultats plutôt que des outils ou des processus. Dans ce modèle, la séparation traditionnelle entre logiciel, services, conseil et même capital-investissement s’effondre, car l’IA accroît la productivité de la prestation de services et réduit fortement le coût de création de logiciels. Un chiffre soutient cette vision: pour chaque 1 $ dépensé en SaaS, les entreprises dépensent encore environ 8 $ en services.
L’entreprise présente à ses clients une proposition simple: donner accès aux données, aux informations de gestion et aux opérations internes, afin d’améliorer l’EBITDA. Au lieu de facturer des frais annuels de gestion, elle prélève 15 % des gains de performance mesurables, avec 0 % de frais de gestion initiaux. La structure rappelle les incitations du capital-investissement, mais déplace l’accent vers l’amélioration opérationnelle plutôt que l’ingénierie financière.
Les entreprises contrôlées par des familles ont été identifiées comme le point d’entrée le plus simple, car un actionnaire unique ou une autorité familiale peut imposer des décisions à toute l’organisation. Cela réduit les jeux politiques internes par rapport à des structures d’entreprise fragmentées. L’accent est mis sur les groupes familiaux émiriens, un marché décrit comme vaste, concentré et capable de générer rapidement des recommandations une fois les résultats prouvés.
Les Émirats arabes unis sont jugés particulièrement adaptés à ce modèle en raison de leur culture d’affaires, d’une friction réglementaire relativement faible et d’une forte concentration de richesse. L’argument est que seuls quelques marchés, dont Singapour, les États-Unis et les Émirats arabes unis, sont vraiment à l’aise avec des relations commerciales fondées sur la performance, mais les Émirats combinent cela avec des conditions d’exécution plus simples pour l’usage des données et l’action en entreprise.
Le processus opérationnel commence par l’ingestion de presque tout: e-mails, messages texte, données Microsoft 365, bases de données, PDF et documents internes. Avec consentement, des logiciels peuvent aussi être installés sur les ordinateurs des employés pour capter les flux de travail et l’activité à l’écran. L’objectif est de créer une couche interne de données riche en contexte, plutôt que de s’appuyer uniquement sur des catégories comptables.
L’économie du système repose sur l’usage de modèles open source sur du matériel interne pour le traitement de données à grande échelle. Pour un client de 4 000 employés, l’investissement matériel était estimé à environ 400 000 à 500 000 €, soit près de 100 $ par employé. L’utilisation de grands modèles commerciaux de pointe pour la même ingestion aurait coûté des dizaines de millions, rendant cette option irréaliste commercialement.
Un premier exemple concernait un gaspillage marketing qui n’apparaissait pas sous une ligne budgétaire marketing. Des brochures imprimées envoyées par courrier étaient comptabilisées comme frais administratifs postaux, et non comme marketing. Une fois reliée à l’impact commercial, la campagne a été jugée inefficace puis supprimée, générant environ 20 millions d’€ d’économies annuelles et libérant du budget à réaffecter à la publicité numérique.
Plutôt que de présenter l’IA comme une menace pour l’emploi, le modèle cherche à aligner les incitations du personnel avec l’automatisation. Une proposition offrait aux employés l’équivalent de un an de salaire s’ils créaient un logiciel interne améliorant l’EBITDA via une usine logicielle opérée par l’entreprise. L’idée est que les experts métier, et non des agents autonomes génériques, sont les mieux placés pour repérer où le code peut automatiser un travail à forte valeur.
L’approche se montre sceptique envers les agents d’IA actuels lorsqu’ils opèrent seuls dans des flux complexes. Elle soutient plutôt que la vraie valeur réside dans l’aide apportée aux employés pour construire des logiciels déterministes pour leurs propres fonctions. Cela a conduit à des projets d’ateliers et de formations afin que les ingénieurs utilisent des outils d’IA et des intégrations liées à des logiciels comme Blender, AutoCAD et d’autres systèmes techniques, avec le potentiel de remplacer des consultants techniques externes qui coûtent aujourd’hui aux clients des dizaines de millions.
Tous les gains de productivité ne sont pas suivis. Le modèle part du principe qu’environ 60 % à 70 % des résultats sont assez objectifs pour être mesurés directement, comme la suppression d’une facture de consultant, l’élimination d’un poste ou la création de nouveaux revenus dans une ligne d’activité auparavant inactive. Les effets de second ordre restants ne sont volontairement pas facturés, à la fois pour simplifier les négociations et pour renforcer la relation client à long terme.
Ce modèle reflète un basculement plus large de l’IA d’entreprise: on ne vend plus des outils, mais des résultats commerciaux mesurables. Son succès dépendra de la capacité d’un accès profond aux données, de l’adhésion des employés et d’une tarification fondée sur la performance à produire durablement des gains d’EBITDA.
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