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À l’intérieur de l’un des pays les plus dangereux du monde

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ÉconomieThe Economist8 août 2026 à 10:002:59
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INTRO

La guerre civile au Soudan continue de dévaster les civils et les infrastructures, avec des frappes de drones, des déplacements massifs et peu de perspectives de paix malgré l’évolution du contrôle territorial.

POINTS CLÉS

La dévastation de Khartoum

La capitale du Soudan, Khartoum, autrefois habitée par des millions de personnes, a été largement détruite après plus de trois ans de guerre civile. De vastes zones de la ville ressemblent à d’autres centres urbains lourdement bombardés comme Mossoul, Alep et Gaza, illustrant l’un des effondrements urbains les plus graves en Afrique depuis des décennies. Les services essentiels et les infrastructures restent paralysés.

Factions en guerre et contrôle changeant

Le conflit oppose les Forces armées soudanaises (SAF) aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF). Bien que les RSF aient contrôlé une grande partie de Khartoum pendant près de deux ans, l’armée a repris la capitale en 2025. Malgré cela, les RSF détiennent encore d’importants territoires dans l’ouest du Soudan et poursuivent des attaques à longue portée.

La guerre des drones visant les civils

Les frappes de drones sont devenues une caractéristique centrale et particulièrement destructrice du conflit. Des attaques ont touché des infrastructures critiques, notamment des hôpitaux, dont une frappe ayant détruit un bloc opératoire principal et un service d’urgence. Elles visent aussi des aéroports et des zones civiles, aggravant les pertes humaines et la peur.

Déplacements massifs et crise humanitaire

La guerre a déplacé environ 14 millions de personnes, ce qui en fait la plus grande crise de déplacement forcé du siècle. Dans des villes comme Kosti, environ 20 000 réfugiés vivent dans des camps de fortune dans des conditions extrêmes, confrontés à de graves pénuries de nourriture, d’eau et de soins médicaux. Des épidémies, dont la rougeole, ont déjà fait des victimes.

Offensive des RSF dans l’ouest du Soudan

Les RSF tentent actuellement de s’emparer d’el-Obeid, une ville clé de l’ouest. Cette offensive a provoqué de nouveaux déplacements, des milliers de personnes fuyant vers l’est pour échapper aux frappes de drones et aux combats terrestres. L’extension des zones de conflit aggrave une situation humanitaire déjà critique.

Allégations d’atrocités

Les RSF sont accusées d’abus généralisés, dont des actes qualifiés de génocide. Ces accusations alimentent l’inquiétude internationale, sans toutefois entraîner d’intervention décisive ni de mécanismes de responsabilité.

L’implication étrangère complique la paix

Des acteurs extérieurs jouent un rôle majeur dans la poursuite du conflit. Les RSF seraient soutenues par les Émirats arabes unis, tandis que les SAF reçoivent l’appui de l’Arabie saoudite, de la Turquie, de l’Égypte et d’autres. Ces intérêts concurrents réduisent les incitations au compromis et prolongent la guerre.

Une médiation internationale limitée

Les efforts diplomatiques restent faibles. Les États-Unis, préoccupés par les tensions avec l’Iran, montrent un engagement limité, des responsables évoquant un manque de capacité pour une médiation efficace. Cette absence de pression extérieure forte réduit les chances de négociations à court terme.

Pillages systématiques et dégâts économiques

Pendant son occupation de Khartoum, les RSF ont dépouillé des infrastructures clés, notamment les systèmes électriques, retirant des câbles pour les revendre sur des marchés régionaux comme le Soudan du Sud, le Kenya, l’Ouganda et le Rwanda. Cela a accru le coût et la complexité de la reconstruction.

Défis de la reconstruction

Reconstruire Khartoum devrait prendre des années voire des décennies et nécessiter des centaines de milliards de dollars. Les financements restent rares, les ressources gouvernementales étant priorisées pour les opérations militaires, ce qui retarde la remise en service des services essentiels comme la santé.

CONCLUSION

Le Soudan est confronté à un conflit prolongé et profondément enraciné, où la violence continue, l’ingérence étrangère et l’effondrement humanitaire éclipsent toute perspective immédiate de paix ou de reconstruction.

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