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L’AIEA alerte sur un risque de coupure totale à Zaporijia d’ici dix jours
La centrale nucléaire de Zaporijia, la plus grande d’Europe, est privée d’alimentation électrique externe depuis plus d’une semaine. L’AIEA prévient qu’elle pourrait connaître une panne générale dans une dizaine de jours si la ligne électrique endommagée n’est pas réparée ou si de nouvelles livraisons de gazole n’arrivent pas à temps.
Une alerte fondée sur un compte à rebours technique
L’alerte de l’Agence internationale de l’énergie atomique porte sur une nuance essentielle: la centrale de Zaporijia n’est pas totalement sans électricité à ce stade, mais elle est privée d’alimentation électrique externe. Depuis le 20 août, le site occupé par les forces russes dans le sud-est de l’Ukraine dépend de générateurs diesel d’urgence pour assurer les fonctions indispensables de sûreté et de sécurité nucléaires .
Le directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, a averti que la centrale pourrait faire face à une panne générale, ou « station blackout », dans environ dix jours si l’alimentation externe n’est pas rétablie ou si des livraisons supplémentaires de gazole ne sont pas effectuées rapidement . Dans le vocabulaire de la sûreté nucléaire, cette situation serait plus grave qu’une simple perte du réseau: elle signifierait que le site ne dispose plus de l’électricité nécessaire, ni par le réseau ni par les générateurs de secours, pour faire fonctionner ses systèmes essentiels.
Le danger immédiat n’est pas lié à une production électrique en cours. Les six réacteurs de Zaporijia sont arrêtés et ne produisent plus d’électricité depuis 2022, mais un réacteur arrêté et des piscines de combustible usé doivent toujours être refroidis, surveillés et alimentés en eau . C’est pourquoi le gazole, qui devrait rester une réserve de secours, est devenu le point central de la crise.
La perte de la dernière ligne externe
Selon l’AIEA, la centrale a perdu le 20 août sa connexion à la ligne Ferosplavna-1 de 330 kilovolts, sa dernière ligne électrique externe encore disponible, à la suite d’activités militaires sur la rive nord du Dniepr . Depuis lors, plusieurs générateurs diesel d’urgence assurent les besoins propres de l’installation, notamment l’alimentation des pompes qui refroidissent les six réacteurs et les piscines de combustible usé .
Avant la guerre à grande échelle, la centrale avait accès à dix lignes électriques externes . Le contraste illustre l’érosion progressive des marges de sûreté: un site conçu pour disposer de plusieurs voies d’alimentation se retrouve désormais tributaire de machines de secours, de stocks de carburant et de routes logistiques vulnérables.
Les experts de l’AIEA présents sur place ont visité en début de semaine la plupart des 20 générateurs diesel d’urgence du site afin d’observer les niveaux de carburant dans les réservoirs et d’évaluer la durée pendant laquelle les réserves disponibles pourraient soutenir l’installation si le courant externe n’était pas rétabli . Le 28 août, la centrale a indiqué à l’agence disposer d’environ dix jours de gazole pour faire fonctionner ces générateurs, soit le niveau minimal exigé par la réglementation .
Le gazole devient une question de sûreté nucléaire
Le communiqué de l’AIEA insiste fortement sur la logistique, et ce n’est pas un détail. Les générateurs diesel peuvent protéger une centrale nucléaire lors d’une perte d’alimentation externe, mais seulement si deux conditions sont remplies: les machines doivent fonctionner correctement et le carburant doit continuer à arriver. Or, l’AIEA indique que la dernière livraison vers le dépôt externe de carburant de la centrale remonte à mars, presque six mois plus tôt, tandis qu’une livraison prévue en mai aurait été retardée en raison de l’activité militaire fréquente dans la zone .
L’agence ajoute qu’elle n’a pas pu visiter ce dépôt externe depuis mars 2025, la centrale invoquant des raisons de sécurité . Cette impossibilité de vérification réduit la visibilité internationale sur les réserves réelles et sur la robustesse de la chaîne d’approvisionnement.
Des mouvements de carburant ont toutefois été observés: les équipes de l’AIEA ont vu, les 27 et 28 août, le transfert de plusieurs dizaines de tonnes de gazole depuis deux emplacements situés à proximité de la centrale . Mais ces transferts n’ont pas suffi à lever l’alerte. La question décisive est désormais l’équilibre entre quatre éléments: la quantité de gazole réellement disponible, la fiabilité des générateurs, la sécurité des itinéraires d’approvisionnement et la rapidité des réparations électriques.
Une réparation qui dépend d’un cessez-le-feu localisé
L’AIEA tente d’obtenir une nouvelle zone de cessez-le-feu localisée afin de permettre la réparation de la ligne Ferosplavna-1 . Si cet arrangement aboutit, il s’agirait du septième dispositif de ce type négocié par l’agence depuis la fin de l’année dernière pour faciliter des travaux autour des infrastructures électriques de la centrale .
Il ne s’agit pas d’une opération de maintenance ordinaire. Réparer une ligne à proximité d’une zone de combat suppose un accès sécurisé, des garanties des parties et une coordination minimale entre deux camps qui s’accusent régulièrement de mettre la centrale en danger. L’AIEA n’a pas le pouvoir d’imposer une trêve, mais elle peut chercher à créer un couloir de sûreté très limité autour d’une tâche précise: reconnecter le site au réseau.
Le Monde a rapporté le 30 août au matin que Rafael Grossi avait averti d’un risque de panne générale d’ici une dizaine de jours sans rétablissement de l’alimentation électrique externe ou livraisons supplémentaires de gazole, et que la centrale était privée d’alimentation externe depuis le 20 août après l’arrêt de sa dernière ligne . Ce calendrier transforme l’avertissement en compte à rebours opérationnel.
Des incidents de drones au moment le plus sensible
Cette crise électrique se déroule alors que l’AIEA fait état de nouveaux incidents impliquant des drones sur le site. L’agence indique avoir été informée de trois incidents au cours de la semaine: une attaque de drone le 25 août près du bassin de refroidissement, qui aurait blessé deux employés, puis deux incidents le 26 août, dont l’explosion d’un drone sur le site de stockage à sec du combustible usé et un autre impact signalé sur un dispositif d’arrosage lié au système des unités de puissance .
Rafael Grossi a jugé inacceptables les attaques menaçant le personnel d’une centrale ou touchant des zones liées au combustible usé et aux bassins de refroidissement, même lorsqu’elles n’ont pas d’effet direct sur les matières nucléaires . L’AIEA précise que les niveaux de radiation sur le site restent normaux . Energoatom, l’opérateur nucléaire ukrainien, a également indiqué que du 24 au 28 août les débits de dose gamma autour de la centrale située en territoire temporairement occupé se maintenaient dans les limites du fond naturel, entre 0,1 et 0,3 μSv/h, sans signe de danger radiologique pour la population .
Cette donnée est rassurante, mais elle ne signifie pas que le risque a disparu. Le problème actuel relève plutôt de la perte progressive des barrières de sûreté: plus d’alimentation externe, une dépendance prolongée aux générateurs diesel, une logistique de carburant incertaine et des incidents militaires signalés à proximité de zones importantes pour la sûreté.
Ce que signifie vraiment le mot « blackout »
Plusieurs médias parlent d’un nouveau blackout à Zaporijia. Al Jazeera, citant l’AIEA et l’AP, rapporte qu’il s’agit de la 27e fois depuis l’invasion russe que la centrale doit recourir à des réserves diesel d’urgence . Mais l’expression la plus lourde dans le communiqué de l’AIEA est celle de « station blackout » possible dans environ dix jours .
La perte d’alimentation externe est déjà grave. Une panne générale serait plus critique, car elle impliquerait que la centrale ne dispose plus de l’électricité nécessaire, y compris par les générateurs de secours, pour maintenir ses fonctions essentielles. Les besoins de refroidissement sont inférieurs à ceux d’un réacteur en fonctionnement, puisque les six unités sont arrêtées, mais ils ne sont pas nuls .
L’AIEA alerte donc sur une résilience qui s’épuise avec le temps. Pour une coupure brève, les générateurs diesel constituent une défense efficace. Pour une coupure prolongée dans une zone de guerre, les livraisons de carburant, l’entretien des groupes électrogènes et l’accès aux lignes endommagées deviennent aussi importants que les stocks présents dans les réservoirs.
Une centrale prisonnière de la guerre et de la technique
La vulnérabilité de Zaporijia n’est pas seulement technique. Elle est aussi géographique et politique. La centrale se trouve près du Dniepr, dans un secteur marqué par l’activité militaire, et son fonctionnement reste affecté par l’occupation russe. The Straits Times rappelle que les deux camps s’accusent régulièrement d’attaquer le site et que les équipes de l’AIEA y maintiennent une présence permanente depuis septembre 2022 .
Dans son communiqué, l’AIEA n’attribue pas publiquement la responsabilité des derniers incidents de drones. Son message porte sur trois impératifs: éviter toute attaque près des zones liées à la sûreté, rétablir l’alimentation externe et garantir des voies d’approvisionnement en carburant. Cette approche reflète son mandat: l’agence ne tranche pas la responsabilité militaire, mais cherche à empêcher un accident nucléaire.
Les prochains signaux à surveiller
Les prochains jours devront apporter des réponses concrètes. La ligne Ferosplavna-1 pourra-t-elle être réparée sous cessez-le-feu localisé? De nouvelles livraisons de gazole arriveront-elles avant que la réserve de dix jours ne se réduise dangereusement? Les générateurs d’urgence continueront-ils à fonctionner sans défaillance? Les incidents de drones et les explosions près de la centrale vont-ils diminuer ou s’intensifier?
Pour l’instant, le tableau est à la fois rassurant et inquiétant. Rassurant, parce que les mesures radiologiques ne montrent pas d’anomalie et que les systèmes essentiels disposent encore d’électricité. Inquiétant, parce que la plus grande centrale nucléaire d’Europe fonctionne sur une solution de secours dont l’horizon se compte en jours, tandis que la réparation de la ligne externe dépend d’un accord temporaire dans une zone de guerre. L’AIEA ne dit pas qu’un accident nucléaire est en cours; elle avertit que les protections destinées à l’empêcher s’amenuisent.
Sources des dernières 72 heures
- [1]Ukrainian nuclear power plant without external power for over a week29 août 2026, 00:00 UTC
- [2]Ukraine’s occupied nuclear plant running on generators, with only 10 days’ worth of diesel29 août 2026, 20:36 UTC
- [3]Ukraine war briefing: Nuclear plant has lost power and running on generators, UN watchdog says30 août 2026, 01:07 UTC
- [4]Radiation status at Zaporizhzhia NPP from August 24 to August 28, 2026 – within current standards27 août 2026, 21:00 UTC
- [5]Update 364 – IAEA Director General Statement on Situation in Ukraine28 août 2026, 22:00 UTC
- [6]EN DIRECT, guerre en Ukraine : la Russie dit préparer des « frappes massives contre les installations énergétiques de l’Ukraine »30 août 2026, 08:53 UTC
Article généré par IA à partir d’une recherche web récente, puis conservé comme instantané éditorial daté.
