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Des investisseurs de premier plan ont à plusieurs reprises profité des crises en se couvrant contre un effondrement et en achetant des actifs en difficulté, une stratégie illustrée par les opérations controversées de Bill Ackman lors du krach de mars 2020.
En mars 2020, alors que les marchés mondiaux plongeaient face aux craintes liées au Covid-19, le gestionnaire de hedge fund Bill Ackman a publiquement averti d’un effondrement économique, prédisant de lourds dégâts pour des secteurs comme l’hôtellerie et le commerce de détail. Durant cette période, les grands indices ont fortement chuté, certaines actions, dont Hilton, reculant d’environ 20 % en une seule journée. Ses interventions télévisées ont coïncidé avec une panique et une volatilité accrues sur les marchés.
Avant le krach, le fonds d’Ackman, Pershing Square, avait dépensé environ 27 millions de dollars en protection contre le défaut de crédit, pariant de fait contre les marchés du crédit d’entreprise. Lorsque les spreads se sont élargis pendant la crise, la valeur de cette couverture a grimpé à environ 2,6 milliards de dollars, soit un rendement de plus de 100 fois en quelques semaines.
Alors que les marchés chutaient, Pershing Square a redéployé des capitaux vers des actions fortement vendues, notamment dans l’hôtellerie et les secteurs de consommation. Ces achats ont été réalisés à des prix fortement décotés, en anticipant une intervention des pouvoirs publics et une reprise ultérieure.
Le gouvernement américain et la Réserve fédérale ont rapidement lancé des mesures de relance massives, stabilisant les marchés financiers. Nombre d’entreprises les plus touchées durant la panique ont nettement rebondi, amplifiant les gains des investisseurs ayant acheté au plus bas. Les fonds de Pershing Square ont terminé 2020 en hausse d’environ 70 %, contre près de 16 % pour les marchés plus larges.
L’approche d’Ackman reflète une stratégie de longue date chez les grands investisseurs: agir à contre-courant du sentiment de marché lors des baisses. Warren Buffett a investi 5 milliards de dollars dans Goldman Sachs pendant la crise de 2008 à des conditions avantageuses, engrangeant ensuite des milliards. Des opérations similaires ont été réalisées avec Bank of America en 2011.
Le milliardaire européen Bernard Arnault a bâti une partie de l’empire LVMH en acquérant des marques en difficulté comme Christian Dior dans les années 1980. De même, Xavier Niel a investi massivement dans Unibail-Rodamco-Westfield pendant la crise du Covid, misant sur une reprise de l’immobilier commercial après la pandémie.
Historiquement, les grandes crises ont coïncidé avec l’essor de nouvelles industries. La Grande Dépression a précédé l’expansion des automobiles et de l’aviation; la crise des années 1970 a accompagné la naissance de l’informatique personnelle; l’éclatement de la bulle internet en 2000 a ouvert la voie aux géants du web comme Amazon et Google; et la crise financière de 2008 a coïncidé avec l’émergence du Bitcoin.
D’ici 2026, de grandes institutions ont accumulé d’importantes positions en cryptomonnaies. BlackRock et MicroStrategy détiennent ensemble environ 1,6 million de Bitcoin, tandis que des entreprises comme Tesla et SpaceX déclarent aussi des positions significatives. Ces évolutions indiquent une exposition institutionnelle croissante aux actifs numériques, bien que le secteur reste volatil et débattu.
Les stratégies d’investissement en période de crise — combinant couverture, achats opportunistes et vision de long terme — ont souvent généré des rendements exceptionnels, tout en soulevant des questions persistantes sur l’influence de marché, le timing et le risque.