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BlackRock est passé d’un rejet de Bitcoin en 2017 à l’un de ses plus grands détenteurs institutionnels en 2026, reflétant une adoption stratégique plus large de cet actif par la finance mondiale.
En 2017, Larry Fink, PDG de BlackRock, qualifiait publiquement Bitcoin d’outil de blanchiment d’argent. À l’époque, la firme évitait toute implication dans les cryptomonnaies. En 2026, cette position s’est inversée de façon spectaculaire, BlackRock détenant plus de 817 000 bitcoins pour le compte de ses clients via des produits d’investissement régulés.
Le tournant survient en janvier 2024, lorsque BlackRock lance le iShares Bitcoin Trust (IBIT), un ETF Bitcoin spot approuvé par les régulateurs américains. Ce produit permet aux investisseurs de s’exposer à Bitcoin sans en détenir directement. En 16 mois, IBIT devient l’ETF à la croissance la plus rapide de l’histoire financière, atteignant environ 67 milliards de dollars d’actifs.
BlackRock a continué d’accumuler agressivement du Bitcoin. En mai 2026 seulement, la firme a ajouté environ 8 000 BTC, dont un afflux quotidien de 134 millions de dollars. Ce rythme reflète une demande institutionnelle soutenue plutôt qu’une simple spéculation à court terme.
Aux côtés de BlackRock, Strategy (anciennement MicroStrategy) a adopté une approche encore plus agressive. Depuis 2020, l’entreprise a converti une grande partie de sa trésorerie en Bitcoin. En 2026, elle détenait environ 843 000 BTC, dont un achat de 34 000 BTC en avril 2026.
Ensemble, BlackRock et Strategy contrôlent environ 1,6 million de bitcoins, soit près de 9 % de l’offre en circulation d’environ 19,8 millions de BTC. Cette concentration souligne le rôle croissant des grandes institutions dans le marché crypto.
Le plafond fixe de 21 millions d’unités de Bitcoin est un facteur clé de son attrait. Contrairement aux monnaies fiduciaires, extensibles par les banques centrales, l’émission de Bitcoin est limitée par le protocole. Le halving d’avril 2024 a réduit la production mensuelle de 27 000 à 13 500 BTC, renforçant encore la rareté.
Bitcoin fonctionne sans autorité centrale, contrairement aux actifs traditionnels liés aux États, aux banques ou aux entreprises. Cette caractéristique a gagné en attention après des événements d’instabilité financière comme la faillite de Silicon Valley Bank et le rachat d’urgence de Credit Suisse en 2023.
En 2026, Larry Fink a comparé l’état actuel de Bitcoin à celui d’internet au milieu des années 1990, suggérant que son adoption en est encore à un stade précoce. Il a également évoqué des allocations pouvant atteindre 28 % en cryptoactifs dans des portefeuilles institutionnels diversifiés.
Malgré l’adoption institutionnelle croissante, les investisseurs particuliers, notamment en France, restent largement sous-exposés, privilégiant souvent des produits d’épargne à faible rendement. Pendant ce temps, les grands gestionnaires d’actifs et fonds de pension augmentent leur exposition à Bitcoin.
La volatilité de Bitcoin persiste, avec des variations de 7 % en une semaine et des baisses historiques pouvant atteindre 85 %. L’incertitude réglementaire demeure également, les évolutions politiques pouvant modifier le cadre légal. De plus, son usage comme moyen de paiement quotidien reste limité.
Le basculement rapide des grandes institutions financières vers Bitcoin indique un changement structurel dans l’allocation mondiale des actifs, malgré une volatilité et des incertitudes réglementaires persistantes.