
Tech • IA • Crypto
Les règles strictes de MiCA en Europe ont permis de créer des stablecoins en euros très sécurisés, mais leur manque de compétitivité les a laissés avec moins de 1 % du marché.
Les stablecoins indexés sur le dollar américain représentent plus de 99 % du marché mondial. À l’inverse, ceux libellés en euros comptent pour moins de 1 %, malgré le statut de l’euro comme deuxième monnaie la plus utilisée au monde. Ce déséquilibre révèle une faiblesse structurelle de la position européenne dans l’économie crypto.
L’Union européenne a introduit MiCA (Markets in Crypto-Assets) comme l’un des premiers cadres réglementaires complets pour les actifs numériques. Il impose une forte transparence et exige que les émetteurs détiennent 30 à 60 % des réserves en dépôts bancaires, afin de maximiser la protection des consommateurs et la stabilité financière.
À l’inverse, les États-Unis évoluent vers un cadre plus permissif, souvent appelé GENIUS Act, offrant davantage de flexibilité opérationnelle. Cette approche plus souple rend le pays plus attractif pour les projets crypto cherchant une croissance rapide et moins de contraintes.
Les entreprises crypto ont tendance à s’implanter là où les barrières réglementaires sont plus faibles. En conséquence, de nombreux projets évitent l’Europe au profit de juridictions permettant un déploiement plus rapide et des modèles plus rentables, renforçant la domination des stablecoins en dollars.
Les règles européennes empêchent de fait les stablecoins en euros d’offrir un rendement ou des intérêts aux détenteurs. Pendant ce temps, les stablecoins en dollars proposent souvent des gains indirects via divers mécanismes, ce qui les rend plus attractifs pour les utilisateurs et investisseurs.
L’UE a privilégié la sécurité à un point tel que l’adoption en a souffert. Les produits obtenus sont très sûrs, mais peinent à rivaliser dans un marché guidé par l’utilisabilité, la liquidité et les rendements.
Le défi de l’Europe n’est plus seulement d’assurer la sécurité de la finance numérique, mais de rendre cette sécurité compétitive face à des alternatives mondiales plus flexibles.