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Un minuscule déséquilibre dans l’Univers primordial—environ une particule de matière en plus par milliard de paires—a laissé assez de matière pour former toutes les structures cosmiques.
La physique fondamentale prévoit que la matière et l’antimatière sont créées en quantités égales à partir de l’énergie. Lorsqu’elles se rencontrent, elles s’annihilent en rayonnement, ce qui impliquerait que l’Univers aurait dû s’effacer en pure énergie peu après sa naissance.
L’Univers visible est largement composé de matière, l’antimatière y étant extrêmement rare. Cette asymétrie contredit l’attente d’un équilibre parfait et demeure l’un des problèmes centraux non résolus de la cosmologie.
Les mesures du fond diffus cosmologique indiquent aujourd’hui environ un milliard de photons par particule de matière. Comme l’annihilation des paires matière–antimatière produit des photons, ce rapport implique qu’environ une particule de matière sur un milliard a survécu à l’ère d’annihilation initiale.
À mesure que l’Univers se refroidissait, presque toutes les paires matière–antimatière se sont annihilées en rayonnement. Le minuscule excédent de matière—cette fraction d’un sur un milliard—a subsisté et a finalement formé étoiles, galaxies, planètes et vie.
En 1967, le physicien Andreï Sakharov a proposé trois conditions pour générer ce déséquilibre: des processus qui modifient le nombre de particules de matière, de légères différences de comportement entre matière et antimatière (violation de CP), et des conditions hors équilibre thermique dans l’Univers primordial en expansion rapide.
L’expansion et le refroidissement cosmiques rapides ont empêché l’effacement de ce léger biais. Ce « gel » a verrouillé l’asymétrie avant que les réactions ne rétablissent la symétrie, préservant le petit excédent de matière.
Une asymétrie infime dans l’Univers primordial—amplifiée par l’expansion cosmique—semble expliquer pourquoi quelque chose existe, même si le mécanisme précis à l’origine de ce déséquilibre reste une question ouverte en physique.