
Tech • IA • Crypto
La diminution programmée des récompenses de minage de Bitcoin soulève des inquiétudes croissantes sur la sécurité future du réseau.
La rémunération des mineurs repose sur deux sources: la création monétaire et les frais. Or, la première diminue rapidement, avec une baisse de 96 % dès les premières années, bien avant l’échéance théorique de 2140. À terme, la sécurité du réseau dépendra presque exclusivement des frais, posant la question d’une demande suffisante.
Le budget de sécurité correspond aux revenus des mineurs et donc à la puissance de calcul engagée. Si les revenus chutent, la résistance aux attaques diminue mécaniquement. Plus Bitcoin gagne en valeur, plus il devient une cible attractive, ce qui exige paradoxalement un budget de sécurité plus élevé.
L’activité sur la blockchain reste limitée, avec des blocs parfois non remplis. Les derniers pics significatifs de frais remontent aux usages liés aux Ordinals entre 2023 et 2024, largement critiqués. Sans adoption massive pour des paiements ou d’autres usages, les revenus issus des frais restent faibles.
La limite fixe de l’espace de bloc empêche l’émergence durable de nouveaux cas d’usage. Toute application à succès finit par s’auto-exclure en raison de la hausse des coûts. Ce phénomène affecte aussi bien les solutions comme Lightning que les protocoles expérimentaux ou les tentatives de finance décentralisée.
De nombreuses propositions visant à améliorer les fonctionnalités ou à développer des solutions de seconde couche nécessitent des modifications du protocole. Or, la communauté refuse largement les changements controversés. Le dernier grand upgrade, Taproot, a mis près de 46 mois à être activé, illustrant cette inertie.
Environ 1,7 million de bitcoins anciens restent vulnérables à une attaque par ordinateur quantique. Un acteur pourrait théoriquement les récupérer en quelques heures. Des solutions comme le projet Hourglass visent à étaler leur libération sur 32 ans, tout en générant potentiellement des frais importants pour les mineurs.
Le mécanisme envisagé créerait une concurrence entre attaquants, chacun surenchérissant en frais pour récupérer ces fonds. Cela pourrait garantir jusqu’à 1 BTC de frais par bloc, renforçant temporairement le budget de sécurité. Toutefois, ce modèle dépend de l’existence réelle d’une menace quantique.
L’idée d’une émission continue, inspirée de Monero, est largement rejetée. Elle remettrait en cause la limite des 21 millions de bitcoins, pilier fondamental de sa proposition de valeur. De plus, l’exemple de Monero montre que ce mécanisme n’empêche pas les attaques à 51 %.
Face à la baisse inéluctable des récompenses, l’avenir de Bitcoin dépendra de sa capacité à générer suffisamment d’activité et de frais, sans consensus clair à ce stade sur la solution à adopter.