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2026 a apporté une vague de robots humanoïdes et hybrides, allant de machines de secours spéculatives et d’androïdes compagnons grand public à des unités de contrôle du trafic et des tuteurs scolaires, mettant en lumière un secteur en évolution rapide qui se heurte aux enjeux de sécurité, de vie privée et d’éthique.
Sataris Robotics a attiré l’attention avec Three Halves, un robot centaure cornu de 7 pieds présenté pour des travaux dangereux à distance, comme la lutte contre les incendies de forêt, les coulées de boue et la recherche dans les décombres. L’entreprise l’a décrit comme un « superhumanoïde téléopéré à usage général » et a expliqué que les cornes servaient en partie à l’empêcher de passer par des portes standard. Le scepticisme a explosé car aucune vidéo de fonctionnement n’a été montrée, les images semblent être des maquettes, et un schéma d’arrêt publié indiquait que les opérateurs pouvaient le neutraliser en perçant ou en tirant sur son réservoir d’air.
Lors de la Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle 2026 à Shanghai, Run Robotics a présenté un robot centaure sur roues destiné à l’inspection, au secours, à la lutte contre l’incendie, à l’exploitation minière et à l’industrie lourde. La machine combine un châssis à quatre roues avec un haut du corps humanoïde, transporte une charge utile typique de 100 à 120 kilogrammes et supporte une charge statique maximale de 210 kilogrammes. Run Robotics a indiqué que plus de 95 % des composants clés sont produits localement, qu’une ligne d’assemblage automatisée est prévue pour le T4 2026, et que l’entreprise a déjà des commandes.
Des chiffres officiels cités par des acteurs du secteur montrent que des entreprises chinoises ont développé plus de 400 modèles de robots humanoïdes, soit plus de la moitié du total mondial. Les fabricants nationaux de quadrupèdes représentent aussi environ 70 % des ventes mondiales. Ces chiffres soulignent la volonté de la Chine de dominer à la fois les chaînes d’approvisionnement et le déploiement, et pas seulement les prototypes.
UBTECH a lancé sa gamme grand public UWorld le 30 juin 2026 sous le slogan « Love is eternal », avec des prix allant de 119 800 yuans pour le U1 Light sans corps complet à 990 000 yuans pour le modèle intégral Ultra. L’entreprise a annoncé 13 361 commandes, même si les acomptes n’étaient apparemment que de 3 000 yuans et remboursables. Les robots disposent d’une peau en silicone avec pores et empreintes digitales, d’une animation faciale permettant des dizaines de micro-expressions, et d’une mémoire persistante conçue pour soutenir une interaction de long terme.
Parallèlement aux ventes, UBTECH a mis en avant des outils de personnalisation incluant la reconstruction faciale 3D et la réplication d’empreinte vocale pour recréer des personnes précises, y compris des proches décédés, via un programme de dons visant les familles endeuillées et les seniors isolés. Le 15 juillet, les nouvelles mesures provisoires sur les services d’interaction anthropomorphique de l’IA sont entrées en vigueur en Chine, interdisant les systèmes conçus pour provoquer une dépendance émotionnelle ou nuire aux relations réelles. Les règles imposent d’informer les utilisateurs qu’ils interagissent avec une machine, exigent des rappels de pause après deux heures, et limitent les interactions intimes avec l’IA pour les mineurs.
La même entreprise déploie aussi des humanoïdes Walker S2 au poste-frontière de Fangcheng, dans le Guangxi, dans le cadre d’un contrat de 264 millions de yuans. Ces unités orientent les passagers, répondent aux questions douanières, surveillent les foules et inspectent les cargaisons avec des scanners reliés aux bases de données des douanes. Le contraste est frappant: un produit est vendu comme présence émotionnelle à domicile, l’autre comme outil de sécurité publique à une frontière nationale.
À Hangzhou, Subcon Information a déployé des robots de circulation T2 depuis mai, avec 15 unités patrouillant aux intersections sur roues de 7 h à 18 h. Équipés de caméras, de radars et de calcul embarqué, ils avertissent les conducteurs sans casque, détectent les franchissements de ligne d’arrêt et signalent les comportements dangereux en vélo électrique. L’entreprise affirme que les robots ont émis plus de 170 000 avertissements et réduit certaines infractions de plus de 40 %, bien que ces chiffres n’aient pas été vérifiés indépendamment.
Lors des Deuxièmes Jeux mondiaux des robots humanoïdes à Pékin, les organisateurs ont indiqué que 256 robots issus de 666 équipes de 16 pays ont concouru, avec une participation en hausse de 138 % par rapport à l’année précédente. Un moment marquant fut une démonstration autonome de tennis humanoïde au cours de laquelle les robots auraient réalisé plus de 100 échanges consécutifs, suivi des balles rapides, retrouvé leur équilibre et ajusté leur position de façon dynamique. L’accent s’est déplacé des tâches de laboratoire contrôlées vers des environnements physiques désordonnés.
À Salamanca, un district scolaire rural de l’État de New York a approuvé 57 590 dollars pour Sally, un humanoïde stationnaire grandeur nature de Realbotix, afin de soutenir les cours d’IA et de robotique et de servir d’interface de tutorat. Le déploiement a été gelé après un examen critique portant sur la vie privée des élèves, les limites pédagogiques et les liens de l’entreprise avec des sociétés associées à des poupées sexuelles ultra-réalistes. La controverse s’est intensifiée parce que le district accueille une importante population étudiante amérindienne, suscitant des critiques selon lesquelles des communautés vulnérables servaient de terrain d’essai.
La vague robotique de 2026 ne se définit plus seulement par des démonstrations spectaculaires. Le vrai enjeu est la vitesse à laquelle les humanoïdes entrent dans les usines, les rues, les frontières, les foyers et les salles de classe avant que les règles, les preuves et la confiance du public n’aient suivi.
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