
Tech • IA • Crypto
Les nouveaux Spectacles à 2 200 $ de Snap suscitent du scepticisme quant à leur design, leur prix et leur utilité réelle, tandis que s’intensifient les débats sur l’adoption de la RA et le “goût” piloté par l’IA.
Snap a dévoilé ses dernières lunettes Spectacles de réalité augmentée lors d’un salon, mais les premières réactions sont majoritairement négatives. Les critiques pointent un design massif et « anguleux » ainsi que des composants visibles, dont une batterie à l’arrière, soulevant des doutes sur le confort en usage prolongé. Certains estiment même que l’appareil semble assez lourd pour appuyer visiblement sur l’oreille.
Proposées autour de 2 200 $, ces lunettes se situent bien au-dessus des autres wearables. Des alternatives comme les Meta Ray-Ban smart glasses à moins de 1 000 $ ou des lunettes d’affichage plus simples de sociétés comme Xreal à quelques centaines de dollars montrent un écart important. Les analystes doutent que les consommateurs paient un tel premium sans cas d’usage indispensable.
Les lunettes offrent de nombreuses fonctions: cartes augmentées, superpositions de restaurants, assistance IA, mesure de distance et espaces de travail virtuels collaboratifs. Intéressantes séparément, elles restent jugées situationnelles plutôt qu’essentielles. Aucune ne justifie, selon les critiques, un port continu ni un prix élevé.
L’autonomie et la robustesse posent problème. Des rapports évoquent seulement quelques heures d’utilisation, limitant l’intérêt pour le sport ou le terrain. Par exemple, des golfeurs peuvent acheter des télémètres dédiés pour environ 150 $, ce qui interroge la valeur ajoutée des lunettes AR.
Snap aurait investi des milliards—environ 3,5 milliards de dollars—dans le matériel AR sur plus d’une décennie. Mais la performance boursière, en forte baisse depuis son pic et récemment encore, accroît la pression. Les investisseurs questionnent l’alignement avec le cœur rentable de publicité et réseaux sociaux, surtout dans un cycle dominé par l’IA.
L’entreprise a poursuivi agressivement la RA, avec des acquisitions et des versions antérieures des Spectacles axées sur la caméra. Bien accueillies, elles n’ont pas atteint l’adoption de masse. La nouvelle version vise une plateforme informatique complète.
Problème classique de démarrage à froid: les développeurs hésitent sans base d’utilisateurs, et les consommateurs sans écosystème logiciel riche. Même des produits comme Apple Vision Pro peinent à maintenir l’engagement des développeurs au-delà des démos initiales.
Les rivaux ciblent des cas plus restreints et pratiques. Des appareils simulant de grands écrans virtuels pour le jeu ou la vidéo gagnent du terrain en remplaçant des usages connus plutôt qu’en créant de nouveaux comportements. Cette approche incrémentale pourrait mieux fonctionner à court terme.
Certains observent un écart entre le public de Snap et le prix du produit. Un wearable à plus de 2 000 $ ne correspond pas forcément aux habitudes de dépense d’un public majoritairement jeune, posant la question de la cible réelle.
Par ailleurs, la startup Taste Labs alimente le débat en cherchant à quantifier et améliorer la qualité esthétique des contenus générés par IA. Elle veut aider les systèmes à produire des designs plus attrayants via l’annotation de données et l’ajustement des modèles. Les critiques jugent le “goût” subjectif et non codifiable, tandis que d’autres y voient un potentiel commercial.
Malgré les critiques, Taste Labs pourrait profiter d’une forte demande des laboratoires d’IA et des équipes produit en quête de différenciation. À mesure que les designs générés par IA se généralisent, améliorer leur qualité visuelle pourrait devenir une niche lucrative, quoique possiblement temporaire.
Les Spectacles de Snap illustrent la difficulté de transformer la RA avancée en produit grand public, entre coûts élevés et valeur d’usage incertaine. En parallèle, des initiatives comme Taste Labs montrent une course pour améliorer la qualité et l’utilité des अनुभवiences pilotées par l’IA.