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Le télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA, dont le lancement est envisagé pour septembre 2026, s’apprête à cartographier l’univers à une échelle sans précédent et à révéler des objets cachés susceptibles de remettre en cause la cosmologie actuelle.
Le télescope spatial Roman est conçu pour explorer d’immenses régions du ciel bien plus rapidement que les observatoires précédents. Doté d’un miroir de 2,4 mètres comme Hubble, mais avec un champ de vision jusqu’à 100 fois plus large, il peut balayer le ciel à une vitesse plus de 1 000 fois supérieure. Ce qui prendrait 2 000 ans à Hubble pourrait être accompli en environ un an, permettant une cartographie cosmique complète.
Entièrement assemblé après plus d’une décennie de développement, Roman dépasse 40 pieds (≈12 m) de hauteur et a terminé des tests environnementaux approfondis. La NASA vise un lancement avancé à début septembre 2026 à bord d’une SpaceX Falcon Heavy, potentiellement avant l’échéance initiale de 2027, tout en restant sous budget à environ 4,3 milliards de dollars.
Roman devrait produire environ 500 téraoctets de données par an, pour atteindre potentiellement 20 pétaoctets sur sa mission principale. Son instrument grand champ de 300 mégapixels observera des centaines de millions de galaxies, des milliards d’étoiles et des milliers d’événements transitoires, nécessitant des systèmes d’analyse avancés basés sur le cloud.
L’une des missions centrales de Roman est d’étudier l’énergie noire et la matière noire, qui constituent environ 95 % de l’univers. En cartographiant la distribution des galaxies et en mesurant l’expansion cosmique, il pourrait tester si le modèle standard de la cosmologie est incomplet ou erroné.
Grâce à la microlentille gravitationnelle, Roman pourrait détecter jusqu’à 100 000 exoplanètes, y compris des mondes lointains et errants ignorés par d’autres méthodes. Il surveillera à répétition des champs stellaires denses vers le centre de la Voie lactée, captant de subtiles variations de luminosité causées par des systèmes planétaires.
La capacité de Roman à combiner photométrie et astrométrie lui permettra de détecter des objets émettant peu ou pas de lumière, tels que des étoiles à neutrons isolées et des trous noirs. Des simulations suggèrent qu’il pourrait identifier des dizaines d’étoiles à neutrons cachées et potentiellement mesurer leur masse pour la première fois.
Les étoiles à neutrons — des restes ultra-denses d’environ 20 kilomètres de diamètre — seraient au nombre de millions dans la Voie lactée, mais seules quelques milliers sont connues. Roman pourrait éclairer leur distribution, leur formation et la frontière entre étoiles à neutrons et trous noirs.
Grâce à sa large couverture, Roman augmentera les chances de détecter des phénomènes rares comme les supernovas, les collisions d’étoiles à neutrons et d’autres événements cosmiques de courte durée. Il devrait observer des milliers de supernovas, améliorant les mesures de l’expansion de l’univers.
Roman complétera des missions comme James Webb, Euclid et l’observatoire Vera Rubin. Ses relevés à grande échelle identifieront des cibles pour des observations approfondies, créant un système coordonné où la détection large alimente l’analyse détaillée.
Les scientifiques anticipent que certaines des découvertes majeures de Roman seront imprévues. À l’image de Hubble et James Webb, ses relevés étendus pourraient révéler de nouvelles classes d’objets ou de phénomènes.
Le télescope Roman devrait transformer l’astronomie en combinant vitesse, échelle et sensibilité, et pourrait profondément renouveler notre compréhension de l’énergie noire, des objets cosmiques cachés et de la structure de l’univers.