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SpaceX a entamé les premiers travaux de terrain pour Starbase Louisiana, tandis que Tesla a lancé le Cybercab, déclenché un audit fédéral de sécurité et étendu le Full Self-Driving à un système d’évitement d’urgence des collisions.
SpaceX a déposé trois permis dans la paroisse de Vermilion pour lancer l’étude du site de Starbase Louisiana, moins de deux semaines après avoir confirmé le projet. Deux permis autorisent des prélèvements de sol en 20 endroits avec des forages jusqu’à 230 pieds, tandis qu’un troisième couvre 19 fosses d’essai peu profondes. Ces travaux préparent la conception des fondations et des infrastructures majeures, plutôt que la construction de la zone de lancement elle-même.
Des opérations voisines dans le canal de Freshwater Bayou ont mobilisé barges, excavatrices et bateaux de soutien pour des travaux de dragage visant à maintenir la profondeur du chenal. Ces travaux sont présentés comme routiniers, mais le canal devrait jouer un rôle central pour acheminer par barge depuis le Texas les éléments de Starship. Même les opérations de maintenance prennent donc une importance stratégique pour le futur développement du site.
Le complexe prévu s’étend sur 125 000 acres près de Pecan Island sur la côte du golfe de Louisiane, soit environ 195 miles carrés. La présidente de SpaceX Gwynne Shotwell a annoncé le projet aux côtés du gouverneur Jeff Landry, avec un investissement total de 100 milliards de dollars. Les plans prévoient cinq complexes de lancement avec deux tours Starship chacun, soit 10 pas de tir dans ce qui pourrait devenir le site de lancement le plus utilisé de l’entreprise.
Le site louisianais est pensé comme une base industrielle largement autonome. SpaceX prévoit d’y produire son propre carburant de fusée à partir du gaz naturel de Louisiane, d’y générer l’électricité localement, d’exploiter un port maritime en eaux profondes et, potentiellement, d’y construire un aéroport. Des zones résidentielles sont aussi prévues pour les travailleurs et les familles liées à la construction et aux opérations.
Un Starship entièrement assemblé nécessite actuellement jusqu’à 250 camions-citernes d’ergols à Starbase Texas. Cela peut rester gérable pour des lancements occasionnels, mais l’installation de Louisiane est conçue pour plus de 30 vols Starship par jour. À cette échelle, produire le carburant sur place n’est pas un simple gain d’efficacité, mais une nécessité opérationnelle.
La géographie constitue l’un des grands atouts du site. Depuis la Louisiane, les fusées peuvent partir vers l’est par l’espace entre la Floride et Cuba, mais aussi vers le sud entre le Mexique et Cuba. Cela permet d’accéder depuis un seul site à des orbites équatoriales comme polaires, un avantage majeur pour des missions telles que Starlink, qui nécessite des satellites sur plusieurs inclinaisons orbitales.
Tesla a lancé son Cybercab entièrement autonome à Austin le 3 septembre, avec des trajets publics dès le lendemain dans la zone géorestreinte de robotaxi de l’entreprise. Ce véhicule à deux places possède des portes papillon et ne comporte ni volant, ni pédales, ni rétroviseurs latéraux. La NHTSA a rapidement ouvert un audit sur l’autocertification de Tesla, en se concentrant sur la conformité d’un véhicule sans conducteur à des normes conçues à l’origine pour des voitures conduites par des humains.
Aux États-Unis, les constructeurs autocertifient leur conformité aux normes fédérales de sécurité automobile, et les régulateurs peuvent ensuite auditer cette certification. Un processus similaire a eu lieu avec Zoox en 2022 pour un véhicule sans volant ni pédales, aboutissant à une exemption temporaire en juillet 2026 puis à un service commercial à Las Vegas. La NHTSA a aussi indiqué qu’elle mettait à jour huit normes de sécurité, notamment celles concernant les pédales, les rétroviseurs et l’éclairage, afin de mieux prendre en compte les véhicules autonomes.
Le Cybercab utilise un moteur électrique avec zéro terre rare, une première pour Tesla. Des analystes estiment qu’il repose sur des aimants en ferrite disposés en réseau de Halbach, permettant un groupe motopropulseur 18 % plus compact et 25 % plus léger sans réduire l’autonomie. Le véhicule utilise aussi un système brake-by-wire intégral, le steer-by-wire, une architecture 48 volts, des panneaux de carrosserie moulés par injection et un coefficient de traînée inférieur à 0,2 Cd, ce qui en fait l’un des véhicules de série les plus aérodynamiques jamais produits.
Tesla a également étendu le Full Self-Driving avec Automatic Collision Evasion dans FSD Supervised 14.3.9. Contrairement au freinage d’urgence automatique classique, qui ne peut freiner qu’en ligne droite, ce nouveau système peut s’activer en conduite manuelle, contourner un obstacle en braquant et continuer à rouler si le freinage seul ne suffit pas à éviter un accident. Il fonctionne actuellement sur autoroute sous 85 mph par temps sec et peut aussi intervenir si le conducteur est fortement distrait ou si le FSD supervisé est désactivé involontairement.
Ces évolutions montrent deux transformations parallèles du transport: SpaceX met en place les infrastructures d’opérations orbitales à l’échelle industrielle, tandis que Tesla fait passer les véhicules autonomes du stade pilote vers un déploiement grand public et une intervention active en sécurité. Les deux initiatives dépendent désormais de la capacité de l’exécution technique à suivre la complexité réglementaire et opérationnelle.
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