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Des dirigeants politiques américains avancent des propositions visant à donner aux citoyens des parts dans de grandes entreprises d’IA, afin de compenser les pertes d’emplois par des dividendes publics, malgré des inquiétudes liées au manque de rentabilité de ces sociétés.
L’ancien président Donald Trump a présenté un plan visant à redistribuer au public les richesses générées par les entreprises d’intelligence artificielle. L’idée consiste pour l’État à acquérir des participations dans des sociétés majeures comme OpenAI, Anthropic et xAI, puis à redistribuer les gains aux citoyens. L’objectif affiché est de « rendre le public riche » alors que l’automatisation transforme le marché du travail.
Selon cette proposition, l’État deviendrait actionnaire des entreprises d’IA, détenant des parts au nom des citoyens. À mesure que ces sociétés génèrent des profits — potentiellement en remplaçant le travail humain par des systèmes d’IA — une partie des revenus serait reversée à la population sous forme de dividendes, compensant ainsi les pertes d’emplois.
Le concept n’est pas entièrement nouveau. Le gouvernement américain a déjà pris des participations dans des secteurs stratégiques, notamment via des investissements dans Intel, illustrant un modèle de participation publique à la croissance du secteur privé. Les partisans estiment que cette approche pourrait être étendue à l’IA.
Une idée similaire a été proposée par le sénateur Bernie Sanders, qui suggère un modèle plus ambitieux obligeant les entreprises à attribuer jusqu’à 50 % de leur capital au public via une taxation en actions. Cette convergence entre opposés politiques souligne une inquiétude bipartisane croissante face aux inégalités liées à l’IA.
Ces propositions émergent dans un contexte d’anxiété croissante: un sondage récent de Reuters indique qu’environ 50 % des Américains craignent que l’IA menace leur emploi ou celui de leurs proches. Parallèlement, les grandes entreprises d’IA se rapprochent des marchés publics, avec des valorisations combinées proches de 4 000 milliards de dollars, ce qui accentue l’urgence pour les décideurs.
Malgré des valorisations massives — OpenAI autour de 850 milliards de dollars et Anthropic proche de 1 000 milliards — beaucoup d’entreprises d’IA restent non rentables. OpenAI devrait à elle seule perdre environ 14 milliards de dollars en 2026, ce qui soulève des doutes sur la viabilité de dividendes publics issus de ces sociétés.
Les critiques avertissent que l’acquisition de parts à des valorisations élevées pourrait exposer le public à des risques financiers importants. Si ces entreprises ne deviennent pas rentables, les dividendes attendus pourraient ne jamais se matérialiser, compromettant la promesse centrale d’un partage de la richesse de l’IA.
La redistribution de la richesse générée par l’IA via une propriété publique gagne du terrain politiquement, mais son succès dépendra de la capacité de ces entreprises très valorisées mais peu rentables à générer des revenus durables.