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Strategy (ex-MicroStrategy) signale pour la première fois de possibles ventes de Bitcoin, afin de gérer sa dette, contrer les vendeurs à découvert et optimiser sa comptabilité sans provoquer de panique sur le marché.
Strategy, longtemps connue comme le plus grand détenteur corporate de Bitcoin avec environ 818 000 BTC, a indiqué qu’elle pourrait vendre une partie de ses avoirs. Cela marque une rupture nette avec des années de communication centrée sur l’accumulation continue et le « ne jamais vendre ». L’annonce a suscité des critiques et une baisse d’environ 4 % de son action, tandis que le Bitcoin a peu réagi.
Le modèle de l’entreprise repose fortement sur l’endettement et l’émission d’actions pour financer ses achats de Bitcoin. Avec plus de 62 milliards de dollars investis et environ 8 milliards de dette, elle agit comme un proxy à effet de levier sur le Bitcoin. Cela amplifie les gains quand les prix montent, mais accroît les risques en cas de baisse.
Début 2026, alors que le Bitcoin est passé de 120 000 $ à 60 000 $, Strategy a poursuivi des achats agressifs, acquérant 89 600 BTC en 90 jours pour 7,3 milliards de dollars. Malgré une perte nette de 2,5 milliards, il s’agissait surtout de pertes non réalisées liées à la valorisation.
L’entreprise dispose de plus de 2,25 milliards de dollars de trésorerie et d’un ratio actifs/dette d’environ 8:1. Son prix moyen d’achat est d’environ 75 500 $, ce qui la maintient en profit autour de 80 000 $. Toutefois, des risques de liquidité subsistent en cas de ventes massives.
Un outil clé, les actions préférentielles STRC, offre jusqu’à 11,5 % de rendement annuel, bien au-dessus du marché. Bien qu’attractifs, ces rendements élevés reflètent un risque perçu en hausse. L’entreprise a levé 8,5 milliards de dollars via cet instrument, détenu par des millions d’investisseurs particuliers.
Certains critiques estiment que le modèle ressemble à une boucle de refinancement où les nouveaux fonds servent à honorer les obligations passées. Viable en marché haussier, cette structure devient fragile si le Bitcoin stagne ou baisse, nécessitant de nouveaux capitaux ou des ventes d’actifs.
La direction présente ces ventes potentielles comme une expérience contrôlée pour neutraliser les paris baissiers. Avec environ 40 % du flottant vendu à découvert, prouver que vendre du Bitcoin ne fait pas chuter le marché pourrait fragiliser la thèse des vendeurs et provoquer des rachats forcés.
L’entreprise prévoit de vendre ses Bitcoins les plus chers — par exemple achetés autour de 120 000 $ — afin d’enregistrer des pertes. Cela réduit le coût moyen d’acquisition et permet une optimisation fiscale estimée jusqu’à 2,5 milliards de dollars. L’opération est présentée comme de l’ingénierie financière.
Les décisions reposent sur un ratio interne comparant la valorisation de l’entreprise à ses avoirs en Bitcoin. Lorsque ce ratio est élevé, Strategy lève des fonds pour acheter; lorsqu’il se rapproche de l’équilibre, vendre devient pertinent. Un seuil d’environ 1,22 sert de repère.
Certains investisseurs y voient un signe de maturité, avec des firmes comme BTIG relevant leur objectif à 350 $. D’autres y voient un affaiblissement de la conviction et une fragilité structurelle. L’industrie crypto observe de près, plus de 220 entreprises ayant adopté des stratégies similaires.
Les ventes potentielles de Bitcoin par Strategy traduisent un virage calculé pour équilibrer levier, perception du marché et optimisation financière, testant la résilience de son modèle au-delà de l’accumulation pure.