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Les experts avertissent que l’informatique quantique pourrait menacer Bitcoin d’ici quelques années, suscitant un débat urgent sur les mises à niveau, les délais et la gestion des coins vulnérables.
Les estimations sur le moment où des ordinateurs quantiques pourraient casser la cryptographie à courbe elliptique de Bitcoin varient fortement, de quelques années à plusieurs décennies. Plusieurs entreprises visent 2027–2028 pour des machines capables de briser des courbes elliptiques 256 bits, bien que des retards soient probables. Malgré cette incertitude, la multiplication des acteurs et l’ampleur des investissements indiquent un risque croissant plutôt qu’hypothétique.
Le National Institute of Standards and Technology (NIST) des États-Unis exige des systèmes résistants au quantique d’ici 2029 et une transition complète d’ici 2035. Les normes gouvernementales et la recherche classifiée suggèrent que des acteurs étatiques pourraient déjà devancer les capacités publiques. Certains experts comparent cette course à un « projet Manhattan » de la puissance de calcul.
Environ 7 millions de BTC, soit près d’un tiers de l’offre, sont considérés comme vulnérables. Cela inclut les premières adresses P2PK avec clés publiques exposées, les adresses réutilisées et les sorties Taproot qui révèlent des clés lors de la dépense. Si des systèmes quantiques émergent, des attaquants pourraient dériver des clés privées et déplacer des fonds sans détection.
Une attaque quantique apparaîtrait sur la blockchain comme des transactions ordinaires. Les observateurs verraient simplement des mouvements de coins, sans moyen de distinguer les propriétaires légitimes des attaquants. Cela crée un risque de déplacements massifs et soudains de fonds sans avertissement.
Une proposition majeure, BIP 360 (Pay-to-Merkle-Root), éliminerait les risques d’exposition des clés et préparerait Bitcoin aux signatures post-quantiques. Elle conserve certaines fonctionnalités de Taproot mais sacrifie des aspects de confidentialité. D’autres mises à niveau seraient nécessaires pour introduire des schémas de signature entièrement sûrs face au quantique.
Deux approches principales sont débattues: les signatures basées sur le hachage, éprouvées mais volumineuses et dépendantes de l’état, et les schémas basés sur des réseaux (lattices), plus rapides mais moins éprouvés. Aucun consensus n’existe encore sur le choix à adopter pour Bitcoin.
Une feuille de route proposée comprend plusieurs phases: d’abord décourager l’usage des adresses vulnérables, puis les restreindre, et finalement imposer des sorties résistantes au quantique. Les critiques estiment ces délais trop lents si des percées quantiques surviennent plus tôt que prévu.
Une idée controversée consiste à empêcher la dépense des anciens coins vulnérables après une échéance. Les critiques jugent que cela pourrait bloquer injustement des fonds, y compris les avoirs de l’ère Satoshi, tandis que les partisans estiment que cela protège le réseau contre un vol massif.
La proposition « Hourglass » limiterait les retraits de coins vulnérables à 1 BTC par bloc, étalant l’exploitation potentielle sur des décennies plutôt que des heures. Cette approche vise à réduire le choc systémique tout en préservant l’accès pour les propriétaires légitimes.
Les experts s’accordent globalement à dire que des solutions sûres face au quantique existent déjà en théorie ou en pratique. Le principal défi est d’obtenir un accord au sein de la communauté Bitcoin et de déployer les mises à niveau à temps pour atténuer le risque.
L’informatique quantique représente une menace crédible à long terme pour Bitcoin, mais l’incertitude sur les délais complique l’action. L’issue dépendra moins de la faisabilité technique que de la capacité du réseau à coordonner des mises à niveau avant que le risque ne se concrétise.