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Des militants des droits humains soutiennent que le Bitcoin est de plus en plus utilisé dans le monde comme un outil de survie financière et de résistance sous des régimes autoritaires et en situation d’effondrement économique.
Aux États-Unis, le Bitcoin est largement considéré comme un actif d’investissement ou une réserve de valeur intégrée aux marchés financiers. Cependant, les militants soulignent que cette vision reflète une expérience minoritaire, les Américains représentant environ 4 % de la population mondiale. Dans les régions aux monnaies instables et à l’accès bancaire limité, le Bitcoin est utilisé plus directement comme argent pour la survie quotidienne et les transactions.
L’hyperinflation du Zimbabwe en 2008 a atteint environ 586 millions pour cent, rendant sa monnaie presque sans valeur. À un moment donné, un billet de 100 000 milliards de dollars zimbabwéens ne permettait d’acheter que deux pains. Des familles ont vu leurs économies disparaître presque du jour au lendemain, avec un cas décrivant 80 000 $ réduits à 0,25 $ en une semaine en raison de restrictions bancaires et de l’effondrement monétaire.
Les militants ont souligné comment les gouvernements instrumentalisent les systèmes financiers pour réprimer la dissidence. Les autorités gèlent souvent des comptes bancaires, bloquent les canaux de financement ou qualifient des organisations d’agents étrangers. Ce contrôle financier limite les mouvements d’opposition et force les citoyens à se concentrer sur leur survie, réduisant leur capacité à s’organiser ou à résister.
Des mouvements populaires ont démontré la puissance de l’action collective même sous répression. En Serbie, un mouvement étudiant est passé de 11 à 20 000 participants, contribuant à évincer Slobodan Milošević. Au Zimbabwe, des manifestations pacifiques ont mobilisé jusqu’à 12 millions de personnes, avec des actions de paralysie nationale stoppant l’activité économique.
L’activisme politique est de plus en plus lié à la surveillance numérique. Des militants ont signalé l’usage de logiciels espions tels que Pegasus pour surveiller communications, activités financières et réseaux. Cette surveillance renforce le besoin d’outils financiers sécurisés et résistants à la censure.
La nature décentralisée du Bitcoin permet aux militants de contourner les systèmes financiers contrôlés par l’État. Il facilite la levée de fonds, les transferts transfrontaliers et les dons anonymes, essentiels dans les environnements où la banque traditionnelle est restreinte ou dangereuse. Les réseaux militants intègrent de plus en plus le Bitcoin dans leurs opérations.
Les anciens prisonniers politiques subissent souvent un « debanking », perdant l’accès aux services financiers ou même à certains droits civiques. Le Bitcoin offre une alternative pour stocker et transférer de la valeur sans approbation étatique, aidant à reconstruire une autonomie économique après la libération.
L’instabilité monétaire reste répandue. La monnaie du Nigeria a perdu plus de 75 % de sa valeur, tandis que des pays comme l’Égypte font face à une inflation persistante à deux chiffres. Dans certaines zones de la République démocratique du Congo, des conflits prolongés ont laissé des villes sans distributeurs automatiques fonctionnels, forçant le recours à des devises étrangères ou à des systèmes informels.
De nombreuses innovations liées au Bitcoin émergent dans des régions en difficulté économique. Exemples: systèmes de transactions hors ligne, minage alimenté par énergies renouvelables, et outils de conversion fluide pour les paiements quotidiens. Ces avancées sont motivées par des besoins pratiques plutôt que par la spéculation.
De nouvelles initiatives comme le Africa Bitcoin Institute visent à étudier les tendances d’adoption et à informer les décideurs. L’objectif est de montrer comment les outils financiers décentralisés peuvent soutenir la souveraineté économique, réduire les coûts des transferts et renforcer la résilience des économies fragiles.
Les organisations militantes explorent des usages avancés du Bitcoin, notamment son intégration avec des technologies émergentes comme l’intelligence artificielle. Ces outils s’inscrivent dans un écosystème plus large de « freedom tech », visant à aider les individus à s’organiser, financer leurs actions et résister plus efficacement à la répression.
Dans de nombreuses régions du monde, le Bitcoin évolue d’un actif spéculatif vers une infrastructure essentielle d’autonomie financière, en particulier là où dominent contrôle autoritaire et instabilité économique.