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Apple a intenté une action en justice contre OpenAI et des acteurs affiliés, alléguant un schéma coordonné visant à voler des secrets commerciaux liés au développement de matériel de nouvelle génération.
Apple a déposé une plainte fédérale dans le district nord de Californie accusant OpenAI d’acquérir systématiquement des données propriétaires. La plainte s’étend sur environ 41 pages et demande des injonctions, des dommages-intérêts, ainsi que la restitution ou la destruction de documents sensibles. Elle cite aussi IO Products, une startup hardware acquise par OpenAI pour environ 6,4–6,5 milliards de dollars, comme co-défendeur.
Deux figures sont centrales: l’ex‑ingénieur Apple Changlu “Lou” et le dirigeant de longue date Tang Tan, désormais chief hardware officer d’OpenAI. Le designer Jony Ive est lié à IO Products mais n’est pas nommé. Apple évoque des faits allant d’accès non autorisés à l’extraction active de données confidentielles.
Apple affirme que Lou a exploité une faille d’authentification lui permettant de conserver l’accès aux serveurs internes après son départ. Il aurait téléchargé des plans matériels, présentations d’ingénierie et données de fabrication, et conservé un MacBook de l’entreprise. Des messages cités suggèrent une coordination avec l’ex‑collègue Alyssa Pang, ensuite recrutée par OpenAI.
La plainte affirme que Lou a conseillé Pang sur la copie de fichiers et les moyens d’éviter la détection, notamment via des messageries externes. Apple estime que cela viole les obligations post‑emploi et a permis l’extraction continue d’informations propriétaires.
Tan, 25 ans chez Apple et leader de projets majeurs iPhone et Apple Watch, aurait commencé à collaborer avec OpenAI et IO avant son départ officiel. Apple affirme qu’il s’est envoyé des données fournisseurs par email, a utilisé des noms de code internes pour recruter et exploité ses connaissances pour accélérer les ambitions hardware d’OpenAI.
Apple soutient que les entretiens chez OpenAI servaient aussi de sessions de collecte d’informations, les candidats étant incités à discuter voire apporter des éléments confidentiels. Certains auraient présenté des composants non dévoilés (cartes logiques, prototypes), soulevant des inquiétudes sur la gestion d’actifs d’entreprise.
La plainte décrit des conseils donnés aux recrues pour prolonger l’accès, s’envoyer des documents utiles et contourner les procédures de sortie sans alerter. Apple y voit un effort structuré plutôt que des incidents isolés.
Plus de 400 anciens employés d’Apple ont rejoint OpenAI, dont des ingénieurs seniors et des responsables design. Apple y voit un basculement massif, favorisé par la rémunération, mais le droit californien limitant les restrictions, l’action vise surtout les comportements et non l’embauche elle‑même.
Une allégation clé concerne un partenaire industriel qui aurait été incité à appliquer les procédés propriétaires de finition métal d’Apple pour OpenAI. Les analystes jugent cela grave car cela contourne les garde‑fous liés aux employés et exploite des protections plus faibles dans la chaîne logistique.
Le litige survient alors que les deux entreprises développent du matériel grand public piloté par l’IA, susceptible de remplacer les smartphones. OpenAI explore des wearables IA et assistants intelligents, tandis qu’Apple travaille sur des lunettes, AirPods avancés et appareils domestiques, les plaçant en concurrence directe.
Les deux sociétés collaboraient encore en 2024, intégrant ChatGPT dans les systèmes Apple. La relation s’est détériorée et, début 2026, Apple s’est tourné vers Google pour ses partenariats IA.
Les experts soulignent le recours d’Apple au droit des secrets d’affaires en Californie, où les clauses de non‑concurrence sont peu applicables. Certains notent aussi l’historique d’Apple en matière de recrutement agressif et de litiges. L’affaire pourrait compliquer l’IPO envisagée d’OpenAI, en raison d’un examen accru des pratiques liées à la propriété intellectuelle.
Cette affaire ouvre un bras de fer majeur sur la mobilité des talents et la propriété intellectuelle dans la course au matériel IA post‑smartphone. Son issue pourrait redéfinir la manière dont les entreprises protègent leurs secrets à l’ère des flux de talents rapides et des chaînes d’approvisionnement interconnectées.