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Des milliardaires explorent des centres de données dans l’espace et les océans pour contourner les limites terrestres en matière d’énergie, de réglementation et d’infrastructures.
La croissance rapide de l’intelligence artificielle rend les centres de données traditionnels de plus en plus difficiles à construire sur terre. Les projets exigent désormais des gigawatts de puissance, de longs processus d’autorisation, de grandes quantités d’eau douce pour le refroidissement et se heurtent souvent à l’opposition du public. Ces contraintes poussent les grands investisseurs à envisager des alternatives au-delà de la surface terrestre.
Elon Musk développe un projet visant à déployer d’immenses centres de données d’IA en orbite, potentiellement aussi grands qu’un Boeing 747, opérant à environ 600 kilomètres au-dessus de la Terre. Le concept repose sur une exposition solaire continue dans l’espace, offrant une énergie quasi constante et abondante. L’objectif est d’atteindre 1 gigawatt de capacité de calcul d’ici 2027, avec des ambitions à long terme allant jusqu’à 1 térawatt.
La réalisation de centres de données orbitaux nécessiterait des avancées majeures en capacité de lancement lourd, probablement dépendantes de Starship, ainsi que la fabrication de puces à grande échelle dans l’espace. Le projet exige aussi des milliards d’investissements et des progrès significatifs en infrastructure spatiale et en fiabilité.
À l’inverse, Peter Thiel soutient Pantalassa, avec un investissement de 140 millions de dollars dans une entreprise valorisée à environ 1 milliard de dollars. Celle-ci développe des plateformes flottantes en acier, chacune de la longueur d’un terrain de football, déployées dans l’océan Pacifique pour héberger des infrastructures de calcul.
Les centres de données en mer utiliseraient l’énergie des vagues comme source renouvelable et l’eau de mer pour le refroidissement, supprimant le besoin en eau douce. Leur localisation offshore permet aussi d’éviter les contraintes du réseau, de réduire les obstacles réglementaires et de limiter l’opposition locale.
Les plateformes océaniques actuelles sont principalement conçues pour exécuter des charges de travail d’IA, et non pour entraîner de grands modèles, ce qui reflète une approche plus progressive que les plans orbitaux ambitieux de Musk. La transmission des données repose sur des connexions satellites.
Malgré des directions opposées — espace contre océan — les deux approches reposent sur la même conclusion: la Terre devient un environnement peu pratique pour étendre les infrastructures informatiques de nouvelle génération.
L’espace extra-atmosphérique comme les eaux internationales relèvent de juridictions nationales limitées. Cela crée des opportunités pour déployer des infrastructures avec moins de contraintes réglementaires, mais soulève aussi des questions sur la gouvernance, la supervision et le contrôle à long terme.
Les centres de données spatiaux et océaniques illustrent une volonté croissante de déplacer les infrastructures numériques critiques hors des frontières nationales, marquant une nouvelle phase de la compétition mondiale pour la puissance de calcul.