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Les milliardaires de la tech poursuivent des centres de données dans l’espace et en mer pour contourner les contraintes énergétiques, réglementaires et environnementales terrestres.
La croissance rapide de l’intelligence artificielle a intensifié la demande en puissance de calcul, mettant à rude épreuve les infrastructures terrestres. Les centres de données exigent d’énormes quantités d’électricité, de l’eau pour le refroidissement et des autorisations réglementaires pouvant prendre des années. La résistance du public et les préoccupations environnementales compliquent encore l’expansion à terre.
Elon Musk développe un plan visant à déployer d’immenses centres de données d’IA en orbite, potentiellement à environ 600 km au-dessus de la Terre. Ces systèmes pourraient atteindre 1 gigawatt (GW) de capacité de calcul d’ici 2027, avec des ambitions à long terme vers 1 térawatt (TW). L’espace offre une énergie solaire continue et élimine de nombreuses contraintes terrestres, mais dépend fortement de Starship, de la production de puces à grande échelle et d’investissements colossaux.
En orbite, l’énergie solaire est quasi constante, sans cycles jour-nuit ni perturbations météorologiques. Le vide spatial offre aussi des conditions naturelles de refroidissement, pouvant réduire le besoin de systèmes thermiques complexes dominants sur Terre.
À l’inverse, Peter Thiel soutient Pantalassa avec 140 millions de dollars, valorisant l’entreprise près de 1 milliard de dollars. La société développe des structures flottantes en acier, d’environ la longueur d’un terrain de football, positionnées dans l’océan Pacifique pour héberger des charges d’IA.
Les centres de données en mer s’appuient sur l’énergie des vagues comme source renouvelable et utilisent l’eau de mer pour le refroidissement, éliminant la demande en eau douce. Leur implantation offshore évite les conflits d’usage des sols, l’opposition locale et une grande partie des complexités d’autorisation liées aux juridictions nationales.
Les systèmes offshore actuels servent surtout à exécuter l’inférence IA, et non à entraîner de grands modèles, bien plus gourmands en calcul. Les données sont transmises par satellite, ce qui introduit latence et contraintes de bande passante par rapport à la fibre terrestre.
Malgré des approches différentes, ces initiatives reflètent une conviction commune chez les leaders technologiques: étendre l’infrastructure de l’IA sur Terre devient de plus en plus impraticable. La divergence porte sur la direction — espace versus océan — et non sur le diagnostic.
L’espace extra-atmosphérique et les eaux internationales échappent largement à la souveraineté nationale classique. Cela crée des opportunités de contournement réglementaire, mais soulève aussi des questions juridiques, sécuritaires et de gouvernance non résolues sur le contrôle et la supervision de ces infrastructures.
Les centres de données spatiaux et océaniques incarnent des visions concurrentes de l’infrastructure IA, unies par un éloignement des contraintes terrestres vers des frontières largement non régulées.