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Une nouvelle fonctionnalité de Pump.fun, appelée Go, suscite des inquiétudes en incitant les utilisateurs, via des récompenses en cryptomonnaie, à réaliser des actions réelles risquées ou illégales pouvant être transformées en mèmes viraux.
Pump.fun a construit son modèle sur la création et l’échange de meme coins, où les utilisateurs déposent de petites sommes de cryptomonnaie, lancent un mème et en tirent profit s’il devient populaire en ligne. Chaque mème devient ainsi un actif spéculatif dont la valeur fluctue selon sa viralité. Ce système a déjà attiré l’attention pour son mélange de tendances des réseaux sociaux et de spéculation financière dans un environnement largement anonyme.
Le service Go récemment introduit déplace le modèle au-delà du contenu numérique. Il permet aux utilisateurs ou sponsors d’offrir des récompenses en crypto pour accomplir des actions spécifiques filmables et transformables en mèmes. Ces actions sont ensuite tokenisées, créant des actifs échangeables directement liés à des comportements réels plutôt qu’à la créativité en ligne.
Certains défis proposés incluent du vandalisme, des perturbations publiques ou des cascades dangereuses proches de l’auto-mutilation, comme endommager des biens ou réaliser des actes dangereux pour attirer l’attention. Par exemple, une récompense pourrait être offerte pour taguer puis incendier une voiture, ou pour se tatouer le nom d’un sponsor sur le visage. Ces actions visent à générer du contenu viral et à augmenter la valeur du meme coin associé.
Certaines propositions extrêmes auraient été supprimées, dont un défi consistant à pénétrer illégalement dans un grand stade. Bien que Pump.fun affiche des avertissements incitant au respect des lois et à un encadrement professionnel, le volume et la nature des défis suggèrent une modération plutôt réactive que préventive.
Le recours à la cryptomonnaie et à des comptes pseudonymes complique l’identification de ceux qui financent ou encouragent des actes nuisibles. Les sponsors peuvent rester cachés derrière des portefeuilles numériques, rendant l’attribution des responsabilités difficile. Les participants, eux, ne deviennent identifiables qu’après les faits, souvent une fois les conséquences légales déjà engagées.
Ce modèle pose un défi complexe pour les régulateurs, notamment en Europe et en France, où les lois existantes ne couvrent pas clairement les plateformes décentralisées incitant à des actes répréhensibles hors ligne via des actifs numériques. La frontière floue entre divertissement, spéculation financière et incitation criminelle crée une ambiguïté juridique.
Les critiques estiment que le système ressemble à une forme de « prise de risque gamifiée », où l’attention et le profit priment sur la sécurité et la légalité. En monétisant des comportements extrêmes et en les liant à des marchés spéculatifs, la plateforme risque de normaliser des cascades de plus en plus dangereuses dans la quête de viralité et de gains financiers.
La propagation rapide de ces défis souligne une course contre la montre pour les autorités. Sans mécanismes clairs de responsabilité ni garanties renforcées, le modèle pourrait mener à des incidents plus graves, mettant en danger les individus et la sécurité publique.
L’évolution de Pump.fun vers des actions réelles rémunérées met en lumière une tension croissante entre économies numériques décentralisées et encadrement légal, soulevant des questions urgentes sur la responsabilité et la sécurité publique à l’ère de la monétisation virale.