
Tech • IA • Crypto
Les progrès rapides en robotique humanoïde et souple accélèrent le déploiement dans l’industrie, la vie publique et la défense, soulevant à la fois un fort potentiel économique et des inquiétudes en matière de sécurité.
La société shanghaïenne DroidUp a présenté Moya, un humanoïde biomimétique conçu pour l’interaction sociale. Il mesure 1,65 m, pèse 32 kg, maintient une température de peau de 32–36 °C et atteint 92 % de réalisme de marche. Des micro-expressions faciales subtiles et le contact visuel visent à rendre les interactions naturelles, mais les réactions du public révèlent un malaise persistant lié à la « vallée de l’étrange ».
Boston Dynamics fait évoluer Atlas de la recherche vers le déploiement en usine, avec une utilisation prévue chez Hyundai et une collaboration avec Google DeepMind. Le modèle de production met l’accent sur la dextérité, l’équilibre et l’apprentissage en temps réel, faisant passer les humanoïdes de la démonstration au travail industriel comme le séquençage de pièces et l’assemblage.
L’humanoïde G1 de Unitree a démontré un fonctionnement à -47,4 °C, réalisant plus de 130 000 pas grâce à la navigation par satellite et à une planification adaptative. Avec 23–43 moteurs, un couple de 120 Nm et des modèles d’IA embarqués, il montre une robustesse accrue dans des conditions qui neutralisent habituellement l’électronique.
Des chercheurs de la Southern University of Science and Technology ont présenté Grow-HT, un humanoïde souple capable d’augmenter sa taille de 278 % et de se contracter pour passer dans des espaces étroits. Pesant seulement 4,5 kg, il peut ramper, nager, flotter et même traverser l’eau, combinant structures flexibles et actionnement motorisé pour des gains d’efficacité de mouvement de plus de 1 000×.
L’humanoïde Iron de XPeng, doté de 62 articulations et alimenté par des puces d’IA délivrant 2 250 TOPS, est tombé lors d’une démonstration publique malgré des systèmes d’équilibre avancés. L’incident met en évidence l’écart entre démonstrations contrôlées et fiabilité réelle, alors même que le développement s’accélère.
La Chine a dévoilé des unités robotiques de type loup équipées de missiles et lance-grenades, conçues pour la guerre urbaine et le ciblage autonome. Ces systèmes signalent une évolution vers des robots armés capables de rôles de combat coordonnés en environnements denses.
La Chine domine la production, représentant plus de 80 % des installations d’humanoïdes et expédiant des milliers d’unités chaque année. Les humanoïdes d’entrée de gamme coûtent désormais jusqu’à 14 000 $, bien moins que les prix occidentaux, grâce à une chaîne d’approvisionnement nationale complète et à une production à grande échelle.
LimX Dynamics a démontré 18 humanoïdes se déployant de manière autonome depuis des conteneurs et se coordonnant via un système cognitif partagé. Cette approche permet des comportements de groupe, le partage de mémoire et l’adaptation en temps réel, ouvrant la voie à des flottes en usine plutôt qu’à des robots isolés.
Des ingénieurs de Harvard ont développé des articulations à contact roulant inspirées des genoux humains, réduisant les désalignements de 99 % et augmentant la force de préhension de plus de 3×. Ces conceptions améliorent l’efficacité énergétique et réduisent la dépendance à des actionneurs lourds.
Le mécha dérivé du G1 de Unitree pèse 500 kg et permet à un pilote humain de s’installer à l’intérieur, combinant mobilité et forte puissance. Le système peut marcher, se reconfigurer en mode quadrupède et franchir des obstacles, brouillant la frontière entre robot et véhicule.
La robotique passe de prototypes expérimentaux à des systèmes réels et évolutifs, mais ces avancées introduisent aussi de nouveaux risques en matière de sécurité, d’emploi et de conflits armés.