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Les tribunaux chinois jugent que les entreprises ne peuvent pas justifier des licenciements en remplaçant les travailleurs uniquement par l’IA, et exigent plutôt un reclassement ou une reconversion.
Plusieurs litiges du travail dans différentes villes chinoises ont abouti à des victoires pour des employés licenciés puis remplacés par des systèmes d’intelligence artificielle. Les tribunaux ont jugé ces licenciements illégaux, établissant un précédent émergent selon lequel l’adoption de l’IA ne justifie pas automatiquement des réductions d’effectifs.
Le droit du travail chinois autorise des licenciements en vertu de l’article 40 si un événement externe incontrôlable perturbe l’activité. Les juges ont estimé que l’adoption de l’IA relève d’un choix stratégique, et non d’un choc externe, empêchant les entreprises d’invoquer cette clause pour justifier des suppressions de postes liées à l’automatisation.
Les employeurs doivent désormais proposer aux travailleurs concernés des postes alternatifs au sein de l’entreprise. Cela inclut des programmes de requalification et de formation pour faciliter la transition vers de nouvelles fonctions plutôt que des licenciements directs dus aux évolutions technologiques.
La Chine développe rapidement son secteur de l’IA, avec environ 4 500 entreprises actives dans ce domaine et bien d’autres qui l’utilisent. Malgré cette accélération, les autorités renforcent la protection du travail afin que le progrès technologique ne se fasse pas au détriment de la sécurité de l’emploi.
Une autre disposition légale permet des licenciements pour les entreprises en restructuration faute de modernisation suffisante. Elle s’applique surtout aux entreprises en difficulté. Le cadre encourage la modernisation, y compris l’IA, tout en distinguant les restructurations nécessaires des réductions opportunistes d’effectifs.
Cette approche transfère la responsabilité de la protection des travailleurs vers les entreprises privées. Celles-ci doivent intégrer l’IA tout en maintenant la continuité de l’emploi, internalisant ainsi les coûts sociaux de la transformation technologique.
Les autorités, les institutions du travail et les entreprises semblent converger vers un modèle combinant innovation et stabilité de l’emploi. L’idée est que l’IA stimule la croissance et permette de réaffecter les travailleurs plutôt que de les supprimer.
Ce cadre contraste avec des approches plus libérales, notamment aux États-Unis, où les entreprises disposent de plus de latitude pour réduire leurs effectifs après automatisation. Le modèle chinois associe adoption rapide des technologies et protections structurées du travail.
La Chine n’interdit pas les transformations liées à l’IA, mais impose aux entreprises de privilégier la reconversion et le reclassement, liant étroitement progrès technologique et protection de l’emploi.